La visite de mi-carrière évolue depuis le 29 juillet 2026
La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires a modifié le Code du travail.
Depuis le 29 juillet 2026, la visite médicale de mi-carrière comporte désormais un nouveau volet de prévention en matière de santé cardiovasculaire.
Quand cette visite intervient-elle ?
La visite est organisée à l’échéance déterminée par un accord de branche ou, en l’absence d’un tel accord, durant l’année civile du 45e anniversaire du travailleur.
Elle peut, sous certaines conditions, être anticipée ou organisée conjointement avec une autre visite médicale.
Les objectifs historiques sont maintenus
La visite continue notamment à permettre :
- d’examiner l’adéquation entre le poste et l’état de santé ;
- de tenir compte des expositions professionnelles ;
- d’évaluer le risque de désinsertion professionnelle ;
- de sensibiliser au vieillissement au travail et aux risques professionnels.
La réforme ajoute désormais une dimension de santé publique.
Nouveau : les facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires
Le nouvel article L. 4624-2-2 prévoit une sensibilisation du travailleur aux enjeux de santé publique susceptibles d’affecter sa santé au travail, notamment aux facteurs de risques cardio-neuro-vasculaires.
Un dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires et des maladies cardiaques structurelles est proposé au travailleur lors de l’examen.
Il s’agit donc d’une nouvelle composante légale de la visite.
Ce que cela change réellement pour les RH
L’entreprise n’a pas vocation à accéder aux résultats médicaux du dépistage.
Le secret médical continue évidemment à s’appliquer.
L’enjeu RH consiste surtout à s’assurer :
- que les salariés entrant dans la tranche concernée sont correctement suivis ;
- que le SPST dispose des informations nécessaires ;
- que les visites sont planifiées ;
- que les éventuelles propositions d’aménagement formulées par le médecin sont ensuite traitées.
La visite peut également déboucher sur un aménagement de poste
Le médecin du travail peut, après échange avec le salarié et l’employeur, proposer les mesures individuelles prévues à l’article L. 4624-3.
La visite de mi-carrière reste ainsi directement reliée à la prévention de la désinsertion professionnelle et au maintien dans l’emploi.
Un infirmier en pratique avancée peut réaliser la visite
Le Code autorise également la réalisation de la visite par un infirmier de santé au travail exerçant en pratique avancée.
Celui-ci ne peut toutefois pas lui-même proposer les mesures individuelles d’aménagement relevant du médecin du travail. Il doit orienter le salarié vers ce dernier lorsqu’il estime cette intervention nécessaire.
Checklist RH
- L’accord de branche fixe-t-il un âge différent ?
- Les salariés approchant l’échéance sont-ils recensés ?
- Les visites sont-elles effectivement programmées avec le SPST ?
- Le service de santé a-t-il intégré la nouvelle disposition ?
- Le système RH trace-t-il la réalisation de la visite sans conserver de données médicales ?
- Une procédure existe-t-elle pour traiter rapidement les préconisations du médecin ?
- Les salariés sont-ils informés de l’objectif de cette visite ?
Conclusion
Depuis juillet 2026, la visite de mi-carrière ne se limite plus à l’usure professionnelle et à l’adéquation du poste.
Elle devient également un rendez-vous de prévention cardio-neuro-vasculaire.
Pour les employeurs, aucune collecte de données médicales n’est attendue ; l’obligation consiste surtout à garantir le bon fonctionnement du suivi de santé au travail et à traiter les éventuelles conséquences professionnelles identifiées.
KAiSA permet aux services RH et HSE d’intégrer cette évolution aux points de contrôle relatifs au suivi médical des salariés.
Sources officielles : loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 ; Code du travail, article L. 4624-2-2.